vendredi 14 novembre 2008
Corrida

Kenya
Masaï Mara, migration des gnous
août 2008
lundi 1 septembre 2008
Danse avec les gnous (2)

Kenya
migration des gnous
août 2008
Danse avec les gnous
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Kenya
migration des gnous
août 2008
Il était
à peine six heures du matin mais déjà la rumeur des troupeaux emplissait
l'espace doré, réduisant à de vagues murmures les bruits coutumiers de la
savane. Leur masse ondoyante coulait en colonnes interminables jusqu'aux berges
de la rivière Mara puis, se pressait là comme dans l'attente d'une improbable cérémonie,
en égrenant dans le vent la mélopée entêtante de leurs bêlements.
Nous étions les seuls êtres humains et ils étaient partout. Leur odeur animale s'accrochait à notre peau et dans l'air frais, la chaleur de leur corps faisait naître une brume légère. Plusieurs centaines de bêtes avaient déjà traversé et nous faisaient face sur la rive opposée, l'écho de leurs bêlements se mêlait à celui de leurs congénères.
Je ne
sais plus comment mais je me retrouvai au bord de la berge en à-pic de la
rivière. Des gnous s'étaient massés à mes pieds mais aucun ne se décidait à se
jeter à l'eau. D'énormes crocodiles attendaient çà et là et Mara charriait des
eaux rouges et profondes. Brusquement, un zèbre se mit à braire et s'élança dans
le courant aussitôt suivi par une dizaine de gnous dont les cris de peur s'étranglaient
dans la gorge. Alors, l'incroyable ballet commença. Mues par je ne sais quelle force, les bêtes se mirent à dévaler les rives, se bousculant et se piétinant
dans une sarabande effrénée et impitoyable. Un immense tremblement animal
m'enveloppait, j'oubliai ma propre peur pour me laisser submerger par l'émotion
que me procurait cette marée de velours sombre. Parfois les gnous marquaient
une pause et la cadence infernale des traversées laissait place à un moment de
réflexion angoissée. Leurs flancs battaient la chamade et leur souffle court
faisait vibrer l'air matinal d'une nouvelle pulsation. Puis, de nouveau tout
recommençait, s'arrêtait, recommençait.
Enfin, les derniers gnous se hissèrent péniblement au-dessus de l'autre rive. Le tumulte cessa peu à peu et à peine percevait-on encore le crissement de leurs sabots sur la roche glissante. Ils restèrent là un long moment encore, hébétés, pattes tremblantes et crinières ruisselantes.
Quand ils reprirent leur route, le soleil était déjà haut dans le ciel.








