Dors en paix pépé
Seignosse, plage des Bourdaines
Tu vas mourir, tu vas t'éteindre
Comme une lampe de chevet,
Quand le matin commence à poindre,
Quand le bouquin est achevé
Dors en paix, pépé
Tu vas abandonner ton souffle,
Les taches rousses de tes mains,
Et repasser sans tes pantoufles
Le seuil du monde des humains
Dors en paix, pépé
Je ne m'en fais pas pour ton âme
Tu n'as à craindre nulle flamme
Bien que tu te sois dit sans Dieu
Tu peux, sans faire de grimace,
Regarder le soleil en face
Quand tu auras fermé les yeux
Un peu de toi s'en va descendre
Mais tout le reste va monter
Quitter cette vallée de cendres
Pour une planète d'été
Dors en paix, pépé
A belles dents, tu déjeunes
Le soir, tu soupes de peu
La vie nous aiguise en jeune
Puis elle nous déguise en vieux
Vas-tu connaître la recette
D'un repas qui coûte moins cher,
Et vas-tu faire la conquête
D'une beauté hors de la chair?
Dors en paix, pépé
Où tu vas, je ne puis t'atteindre
Suis-moi si tu peux où je vais...
Déjà le jour commence à poindre
J'éteins ta lampe de chevet
Dors en paix, pépé
Dors en paix, pépé
Claude Nougaro
Giboulées
Monbalen/Hautefage, champ de colza
avril 2012
Et pendant ce temps l'herbe pousse
Normandie
La Baie du Mont Saint-Michel
avril 2008
- Il y a quatre ans, il n'arrêtait pas de pleuvoir comme ça en avril. Tu te souviens ? a dit Lao Tseu.
Si je me souvenais, Moum avait encore fait de la voltige et son visage avait pris toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Entre ses lèvres tuméfiées elle arrivait à zozoter à qui voulait l'entendre que c'était heureux qu'elle ne se soit cassée aucune dent, ce qui n'était pas franchement un exploit puisqu'elle n'en avait plus une qui vaille depuis bien longtemps.
- Tu m'avais emmenée en Normandie aussi, a-t-elle ajouté d'un air rêveur, on avait fait une longue balade sur les falaises d'Etretat et M. Jones avait peur sans arrêt que je tombe en bas.
- Et juste après nous sommes allés au Mont Saint-Michel et il pleuvait tellement que nous n'arrivions pas à faire des photos jolies mais on s'en foutait complètement parce que nous étions heureux. Je ne me souviens pas d'avoir été aussi heureuse depuis....
- Ça doit avoir un rapport avec les année bissextiles toute cette pluie a-t-elle doctement affirmé tout en s'asseyant délicatement sur le paillasson détrempé, c'est comme les écureuils, cette année j'en ai vu plein dans le jardin. Tiens, pas plus tard que ce matin....
- Moum disait que c'était un flux de sud et aussi la faute de la guerre, mais je n'ai jamais trop bien su laquelle mais on a que l'embarras du choix pas vrai ?
Elle a acquiescé en fronçant légèrement le museau.
- Le bonheur aussi c'est peut-être aussi une affaire d'année bissextile, a-t-elle timidement suggéré en contemplant une nouvelle giboulée s'abattre sauvagement sur le jardin. Enfin, ce qu'il y a de bien c'est que pendant ce temps l'herbe pousse.....
Quiz de printemps : c'est quoi ? c'est où ?
Vénus et Jupiter (bis)
Vénus et Jupiter
Lot-et-Garonne
Pujols et la conjonction Vénus Jupiter
13 mars 2012
Journée de la femme .....
Chèvre Lot et Garonnaise
8 mars 2012
Quiz photo : c'est où ?
Et bien oui, c'est où ce fleuve ?
Félins
Guépard, Masaï-Mara
août 2008
Fifty ways to live your lover
Frayssinet le Gélat
février 2010
« Un instant il m'a semblé l'apercevoir. A vrai dire c'était imperceptible, juste un frémissement..... ».
- Tu écris un billet sur le printemps, s'exclame Lao Tseu, tu ne crois pas que c'est un peu prématuré, il y a encore des barrières de dégel partout ?
Je proteste faiblement et prie la Philosophe d'aller voir dehors si le dégel n'y est pas.
- Et puis comment veux-tu que je me concentre si tu n'arrêtes pas de parler !
Je reprends : « Je n'y ai d'abord pas prêté attention. Cela a fait comme une pause ou plutôt un soupir, une rapide respiration et puis il a disparu. En fait, je n'étais pas vraiment sûre, il pouvait s'agir que d'une impression, un coup de vent silencieux qui soulève en passant le bord d'un rideau... ». Mon esprit vagabonde, saute par la fenêtre de la cuisine et s'égare dans les branches du saule où se balance gentiment un couple de mésanges bleues. Lao Tseu vient de sauter sur le banc où je suis assise et tente un redressement désespéré de son arrière-train sur le bois ciré qui se dérobe sous ses griffes. Je n'ai que le temps d'apercevoir sa crinière blonde qui s'envole sous la table.
- Il est dix sept heures et vous écoutez FIP dit la voix claire de la speakerine dans les enceintes du PC.
- J'aime bien écouter FIP m'annonce la voltigeuse à peine vexée de sa chute, le son est beau et la musique géniale !
Maintenant elle est assise à ma droite et lit avec attention les quelques mots qui volètent en rangs clairsemés sur la page blanche de l'écran.
- Tu es certaine de ne pas écrire sur le printemps ? Insiste-t-elle en se grattant méthodiquement le derrière de l'oreille droite.
J'essaie en vain de remettre mes idées en ordre, d'oublier le babillage de l'incorrigible bavarde.
- Il est dix-sept heures cinquante, redit la voix claire et les mots restent là, bêtement coincés entre mon cerveau et mes doigts.
« Ça réchauffe le cœur. Je m'en vais poursuivre dans la confusion. Bises », annonce le sms sur l'écran de mon smartphone. Je n'ai pas le temps de répondre qu'un autre s'affiche : « Orange info : votre facture mobile du 06/02/2012 est consultable sur orange.fr. Le montant...... »
J'écris : « Quand il est revenu, je ne m'y attendais pas. Et puis il y avait longtemps, et je ne parvenais pas à le reconnaître.... ».
« Chère Mrs K, je t'appellerai demain si tu veux » affirme sans sourciller un troisième sms.
La voix claire m'annonce que l'heure de dîner est passée depuis au moins une heure et je me rends compte que Mimi n'est pas venue, sans avertir, comme d'habitude.
Dans les enceintes du PC blanc, Paul Simon chante « Fifty ways to leave your lover ». Contre ma cuisse, Lao Tseu s'est endormie et rêve.



















